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Accueil > Articles > CSRD 2026 : comment mesurer et prouver l’impact de vos événements ?

CSRD 2026 : intégrer vos événements au reporting RSE, sans friction

Actualité du 17 août 2026

Pourquoi les événements comptent avec la CSRD

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) généralise le reporting extra-financier en Europe, avec des exigences graduelles entre 2024 et 2028 et un socle technique fondé sur les normes ESRS et la double matérialité. Pour de nombreuses entreprises, 2026 est l’échéance où les données devront être robustes et auditables. Les événements d’entreprise (séminaires, conventions, lancements, soirées, team building) condensent achats, transports, énergie et déchets : les déplacements des participants dominent souvent l’empreinte, suivis de la restauration et de la technique/logistique. Intégrer vos événements au reporting aide à fiabiliser le scope 3, à éclairer vos arbitrages (choix du lieu, du format) et à réduire vos risques (coûts, conformité, réputation). Pour situer ces enjeux dans votre réalité terrain, voyez aussi la page dédiée aux événements d’entreprise dans le Val‑d’Oise, utile pour cadrer formats et logistique locale.

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Que recouvre le scope 3 pour un événement ?

Le scope 3 du GHG Protocol regroupe les émissions indirectes amont et aval. Pour un événement, les catégories suivantes sont les plus fréquentes ; à préciser dans votre note méthodologique (ESRS E1) pour assurer la traçabilité et la comparabilité d’un exercice à l’autre.

  • Achats de biens et services : location de salle, traiteur, décoration, impression, audiovisuel, sécurité, nettoyage.
  • Transport amont : livraisons et reprises de matériel, logistique des prestataires.
  • Déchets d’exploitation : biodéchets, emballages, moquettes temporaires, décors en fin d’événement.
  • Déplacements professionnels : trajets du personnel interne qui organise et opère l’événement.
  • Commuting : si des salariés participent comme audience, leurs trajets domicile–lieu.
  • Actifs loués amont : site loué, selon l’interprétation retenue.

Pour les invités externes (clients, partenaires, grand public), définissez un périmètre prudent et explicite : inclure leurs trajets si l’événement est matériel et récurrent, en documentant l’estimation (origines moyennes, parts modales). À minima, couvrir les catégories 1, 4, 5 et 6 est attendu.

Quelles données collecter et comment ?

La crédibilité repose d’abord sur des données primaires (contrats, relevés, bilans fournisseurs), complétées par des proxies quand nécessaire (facteurs d’émission, moyennes sectorielles). Avant de lister vos besoins, fixez vos référentiels (ADEME Base Carbone, GHG Protocol) et organisez la traçabilité (source, version, date). Pour la partie technique, la connaissance du parc matériel et de ses usages facilite la mesure des kWh ; en complément, la page sur la location de matériel technique donne un aperçu des postes courants et de leurs ordres de grandeur opérationnels .

  • Participants et mobilités : nombre, provenance par ville/pays, mode de transport déclaré, distances approximatives, taux de covoiturage.
  • Lieu et énergie : surface utilisée, heures d’occupation, kWh mesurés ou facturés, origine de l’électricité.
  • Technique : équipements majeurs (écrans, vidéoprojection, sonorisation), puissance et durée d’usage.
  • Restauration : nombre de repas, répartition des menus (végétarien, volaille, bœuf/agneau), boissons, saisonnalité, gaspillage estimé.
  • Déchets : volumes ou poids par flux (biodéchets, recyclables, DIB), filières de traitement.
  • Achats divers : goodies, impressions, signalétique (quantités, matières, réemploi).
POSTECATÉGORIE SCOPE 3DONNÉES À COLLECTERFACTEUR D’ORDRE DE GRANDEUR
Train 6/7 (selon statut) km/passager 0,01–0,05 kgCO2e/km
Voiture 6/7 km, taux d’occupation 0,12–0,20 kgCO2e/km
Avion (éco) 6/7 km, type de vol 0,15–0,25 kgCO2e/km
Électricité (FR) 1/8 kWh ≈0,05 kgCO2e/kWh
Repas bœuf 1 quantité/repas élevé (plusieurs kgCO2e/repas)
Repas végétarien 1 quantité/repas faible à modéré

Ces ordres de grandeur s’appuient sur des référentiels publics (GHG Protocol, ADEME Base Carbone) et varient selon mix électrique, distances et taux d’occupation ; renseigner vos hypothèses reste indispensable pour l’audit.

Comment calculer simplement (et être crédible)

Adoptez une démarche en trois temps, transparente et stable dans le temps : définir le périmètre (catégories incluses, exclusions justifiées), collecter les données clés au plus près du réel, puis convertir avec des facteurs d’émission à jour. L’objectif est la traçabilité et la cohérence, plus que la “précision parfaite”.

  • Formule de base : Émissions = Donnée d’activité × Facteur d’émission.
  • Hiérarchie des données : données fournisseurs > mesures site > estimations sourcées > approche monétaire (€/kgCO2e).
  • Indicateurs utiles : tCO2e total, tCO2e/participant, part des trajets bas‑carbone, % de menus végétariens, taux de tri.

Exemple illustratif : pour 300 participants à Paris, si 60 % viennent en train sur 500 km A/R (0,02 kg/km), 30 % en voiture sur 300 km (0,15 kg/km) et 10 % en avion sur 1 000 km (0,20 kg/km), la mobilité pèse ≈ 1,8 t + 4,05 t + 6 t = 11,85 tCO2e. Moralité : le choix d’une ville accessible en train pèse plus que bien des optimisations techniques.

Bonnes pratiques sans sacrifier l’expérience

Concilier qualité d’expérience et sobriété est possible : privilégiez les leviers à fort impact, mesurables et compréhensibles par toutes les parties prenantes. Les ressources “méthode” et “conférences” du site pourront aussi guider votre préparation concrète, notamment pour le cadrage, le rétroplanning et les choix de formats (présentiel, hybride) .

  • Localisation et calendrier : ciblez un lieu ferroviaire central, horaires compatibles avec les trains, navettes gare–site.
  • Mobilité incitative : codes de réduction train, parkings de covoiturage, message mobilités dès l’invitation, suivi anonymisé des modes.
  • Restauration : menus majoritairement végétariens/volaille, saisonnalité, portions ajustées, consignes et fontaines.
  • Technique sobre : scénographie au juste besoin, éclairage LED, extinction automatique, mesure/estimation des kWh.
  • Matériaux et déchets : réemploi des décors, location plutôt qu’achat, signalétique réutilisable, tri à la source, filières locales.
  • Numérique responsable : résolution vidéo adaptée, compression, pas d’écrans “toujours allumés”.

Questions fréquentes

Faut-il compter les déplacements des invités externes ?

Recommandé si l’événement est matériel dans vos émissions. À minima, comptez les déplacements des salariés. Pour les externes, justifiez le périmètre (par exemple, événements récurrents au‑delà d’un seuil de participants) et la méthode d’estimation (origines moyennes, parts modales). La cohérence interannuelle prime.

Comment éviter le double comptage avec les fournisseurs ?

Le scope 3 induit des recouvrements. Documentez la responsabilité : ce qui relève des achats (catégorie 1) incombe à l’acheteur final. Demandez des données primaires aux prestataires (kWh, kg de déchets, km de livraison) pour gagner en précision, sans dédoubler au sein d’un même périmètre.

Événement hybride ou 100 % présentiel ?

L’hybride réduit souvent les émissions de mobilité, mais le numérique n’est pas neutre (serveurs, réseaux, écrans). À taille constante, un flux vidéo sobre reste, en général, bien moins émissif qu’un vol court‑courrier évité. Pour des formats présentiels bien cadrés (conférences, remises de prix), alignez vos choix avec vos objectifs et votre capacité à collecter les données utiles au reporting .

FAQ : 10 questions pour aller plus loin

Voici une liste de questions fréquemment posées pour affiner votre démarche, nourrir votre note méthodologique et anticiper les demandes des auditeurs et parties prenantes.

  • Comment articuler l’analyse de double matérialité avec le choix des formats d’événements (présentiel, hybride, digital) ?
  • Quels facteurs d’émission privilégier en priorité (ADEME, DEFRA/BEIS, IEA) et à quel rythme les mettre à jour ?
  • Comment estimer les origines des participants quand seules la région ou le pays sont connus ?
  • Que mettre dans les clauses fournisseurs pour obtenir des données primaires (kWh, km, kg) sans complexifier les appels d’offres ?
  • Comment éviter le double comptage entre les catégories 1 (achats) et 4 (transport amont) pour la logistique événementielle ?
  • À partir de quel seuil d’effectif ou d’empreinte inclure les déplacements des invités externes dans le périmètre de reporting ?
  • Quels KPI publier pour rester lisible : tCO2e total, tCO2e/participant, part modale bas‑carbone, taux de tri, intensité repas ?
  • Quelles pratiques de restauration réduisent le plus l’empreinte sans nuire à la satisfaction des invités ?
  • Comment tracer et peser les déchets sur site de manière simple et vérifiable (contrats, bordereaux, estimations sourcées) ?
  • Comment bâtir un “budget carbone” par événement et arbitrer entre accessibilité, coûts et expérience ?

Tendances et perspectives à suivre

La CSRD et les ESRS poussent vers plus de données primaires dans la chaîne de valeur (kWh, km, kg intégrés aux contrats), la mise en place de KPI standardisés (tCO2e/participant) et des “budgets carbone” par projet, en cohérence avec des trajectoires SBTi. Pour une vision opérationnelle de la préparation et de la coordination d’un projet, vous pouvez aussi consulter un retour d’expérience sur les “coulisses” d’un événement bien orchestré, utile pour caler rôles, jalons et décisions clés avant le jour J .

Feuille de route en 90 jours

Structurez la mise en conformité et l’amélioration continue avec des sprints clairs. Inspirez‑vous d’une méthodologie d’organisation éprouvée pour fiabiliser votre collecte et vos arbitrages, de l’amont (cadrage) au jour J (exécution) .

  • Jours 0–30 : cadrer le périmètre CSRD des événements 2026, choisir vos facteurs d’émission de référence, recenser les événements matériels.
  • Jours 31–60 : outiller la collecte (formulaires prestataires, question mobilité à l’inscription, suivi déchets), former les équipes.
  • Jours 61–90 : calculer les premiers bilans, fixer 3–5 KPI communs, définir 10 quick wins et votre plan d’amélioration continue.

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